Actualités - Inter/Déby et les rebelles Tchadiens

Tchad : deux mois après l’incursion rebelle, Déby veut sécuriser le nord


Publié le 06 Avril 2019 à 12:06
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Deux mois après l'entrée au Tchad d'une colonne rebelle, le président Idriss Déby Itno continue à afficher sa volonté de reprendre la main sur le Tibesti, province du nord du pays frontalière avec la Libye, où opèrent trafiquants, orpailleurs mais surtout rebelles.

« Idriss Déby est obnubilé par ce qu’il se passe dans le nord », analyse le spécialiste français Roland Marchal, chercheur à Sciences-Po.

L’obsession du président Déby, arrivé au pouvoir par les armes en 1990 avec l’aide de Paris, s’est encore accentuée avec l’entrée début février d’une colonne de rebelles tchadiens, venue de Libye, par le nord-est du Tchad.

Une irruption jugée suffisamment inquiétante par le président pour qu’il appelle à l’aide son allié français, qui a procédé à des frappes aériennes pour stopper cette avancée.

« Après l’incursion, et avec la présence de certains éléments rebelles dans le sud libyen, le chef de l’État prend des mesures pour parer à toute éventualité », confie une source proche de la présidence.

Depuis février, le régime multiplie les annonces sécuritaires en direction du Tibesti.

Début mars, le ministre de la Sécurité, Mahamat Ali Salah, y part en mission plusieurs jours. Accompagné de la télévision tchadienne, il y annonce la fermeture de la frontière avec la Libye.

« Cette zone est devenue un carrefour de tous les malfrats, des terroristes et des rebelles », déclare-t-il face caméra, entouré de militaires.

Il proclame également « le désarmement de toute la population » et « l’interdiction formelle d’orpaillage ».

Les jeunes, proie des rebelles

Chaque soir devant leur télévision, les Tchadiens suivent l’avancée du ministre et des troupes déterminés à reprendre les sites aurifères aux orpailleurs.

« Il s’agit surtout d’une grande campagne de communication, plutôt qu’une vraie reprise en main du territoire », tempère Alladoum Nadingar, chercheur au centre d’analyse International Crisis Group (ICG).

« La frontière fait plus de 1400 km, et l’armée n’a pas les ressources nécessaires, notamment en eau, pour s’installer de façon permanente sur ce territoire », ajoute-t-il.

Cette « campagne » destinée à montrer que l’armée tient le territoire veut également dissuader les jeunes Tchadiens de se lancer dans l’orpaillage illégal.




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