Actualités - Retour de Gbagbo

Quand la CPI fait du faut « La CPI a l’obligation de ramener Gbagbo et Blé Goudé en Côte d’Ivoire » (Magistrat)


Publié le 10 Août 2020 à 12:02
Source: Autre Presse
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Photo d`archive utilisée juste a titre d`illustration

Pour le magistrat dissident Ange Olivier Grah, La CPI a l’obligation de ramener Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé en Côte d’Ivoire. « Voici des personnes qui vivaient dans leur pays et n’ont pas demandé à être remises et transférées hors de chez elles à la demande d’une juridiction internationale pour être jugée comme ça été le cas », argumente-t-il.

Je suis choqué par l’attitude du Président Alassane Dramane Ouattara, des membres de son Gouvernement, de son parti et de la prétendue association des victimes à l’égard du Président Laurent Gbagbo et du Ministre Blé Goudé qui sont traités comme des personnes qui ont été condamnées et ont bénéficié d’une grâce ou d’une libération conditionnelle, en quelques sorte, des personnes qui doivent être reconnaissantes pour la mansuétude dont elles auraient fait l’objet de la part des autorités nationales.

Il y a des cybermercenaires (je n’ai pas trouvé un autre mot pour désigner des prétendues cyberactivistes qui reçoivent de l’argent pour propager faire de la propagande et propager des discours haineux sur les réseaux sociaux) qui s’émeuvent même de ce que, le second ait déclaré tendre la main au Président Alassane Ouattara dans un souci de paix et de réconciliation, sous le prétexte que ce dernier étant en position de force c’est à lui qu’il revenait de tendre la main.

Je crois qu’il est temps de ramener les uns et les autres sur terre et de restituer à chacun sa véritable qualité. Je crois savoir que le Président Laurent Gbagbo et le Ministre Blé Goudé Charles, après 5 à 7 années de détention préventive ont été acquittés. Dans tel un cas, ces personnes auraient dû sortir des geôles et jouir de leur entière liberté de mouvements, comme tout citoyen. Pour des raisons qu’elle a essayé de motiver, la CPI leur a imposé des conditions, créant le régime juridique sui generis d’acquittement conditionnelle différent de la liberté conditionnelle qui ne s’applique qu’aux condamnés. Au vu des conséquence engendrées pour les acquittés par cette trouvaille à cause de la confusion qu’elle suscite et emmenant à ce qu’ils soient traités comme des personnes bénéficiant de la liberté conditionnelle, je puis dire finalement, que la décision qui en est l’origine, est une mauvaise décision.

Voici des personnes qui vivaient dans leur pays et n’ont pas demandé à être remises et transférées hors de chez elles à la demande d’une juridiction internationale pour être jugée comme ça été le cas. Cette juridiction, c’est-à-dire la CPI a l’obligation de les ramener chez elles lorsqu’elles ont été acquittées. C’est un abus de reconnaître aux autorités ivoiriennes le pouvoir de négocier et donc de contester le droit de ces citoyens à retrouver leurs pays et leur domicile comme tout autre après une décision d’acquittement. Autant la CPI se reconnaît le droit d’exiger de ses Etats membres que lui soit remis les personnes qu’elle poursuit, autant elle a le devoir d’imposer à ceux-ci de respecter leur droit de retourner chez elles.

CPI, ramener Laurent Gbagbo et Blé Goudé

Sinon, cela deviendrait un précédent fâcheux sur lequel pourrait se fonder toute personne qu’on voudrait lui remettre. Quant à la prétendue association de victimes, que l’ordonnance illégale d’amnistie dont ont bénéficié des personnes condamnées pour les crimes et délits commis pendant la post-électorale, n’a point gênée, et qui curieusement considère comme inacceptable devant la volonté de celles qui ont acquittées par la CPI de retourner chez elles , je répond « qu’on voit son dos » tellement les motivations politiques de sa posture sont évidentes. Elle a intérêt pour conserver un minimum de crédibilité, à savoir sérier les positions qu’elle adopte en revenant à la défense réelle de ses membres au lieu de rechercher des prébendes en politique.

Enfin, pour nos chers cybermercenaires, sachez que tendre la main traduit une volonté de pardonner, de se réconcilier. On ne le fait pas parce qu’on est en position de force, mais parce qu’on est victime et qu’on a décidé de passer l’éponge et d’envisager une relation apaisée. Jusqu’à preuve du contraire, le Ministre Blé Goudé Charles qui a été accusé par les autorités de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité a été acquitté par la CPI. Même l’appel interjeté par le Procureur, ne conteste pas la décision sur le fond de l’affaire, mais vise à la faire annuler pour des raisons de forme.

Le Ministre Blé Goudé qui a perdu plusieurs années de sa vie derrière les barreaux, qui a vu sa réputation entachée par le procès est en droit de se considérer comme victime pour ce qu’il a subi, et c’est tout à son honneur de vouloir faire table rase du passé pour repartir d’un bon pied. C’est également à son honneur, de reconnaître la qualité de Président de la République d’Alassane Dramane Ouattara quand on sait les antagonismes qui les séparaient. Demander qu’il reconnaisse la victoire ce dernier en 2010 avant de répondre à sa demarche de réconcilation procéde d’une volonté d’humiliation indigne de ceux qui sont derrière cette révolte artificielle des cybermercenaires.

NB: je n’ai jamais demandé à des journaux de publier mes contributions, ni exigé une rémunération à ceux qu’il le font. Il en est de même pour ceux qui sollicitent mon éclairage juridique sur certaines situations. Cependant, j’exige des journaux ou publications qui entendent publier mes posts ou mes avis, qu’ils respectent ma qualité de magistrat qu’abusivement le Gouvernement ivoirien veut me contester. S’ils ne s’en sentent pas le courage, je les invite à s’abstenir de publier car les qualités dont ils m’affublent réduisent la portée scientifique de mes propos. Je remercie tous les journaux et les publications pour la compréhension dont ils feront preuve.

Grah Ange Olivier




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