Siro était l'invité de l'émission Faya Faya de Ivoire mix DJ, présentée par Shola Bobaraba. L'artiste a été interrogé sur l'organisation des funérailles d'Arafat DJ dont il était en charge de la trésorerie. Accusé par les médisants, les ON DIT, de s'être servi dans la caisse funèbre, Siro a répondu aux commérages, en donnant des éclaircissements sur la façon dont l'argent a été géré. Mais avant d'en arriver là, l'animatrice a voulu en apprendre sur sa personne. Qui est-il et comment s'est faite sa rencontre avec Yodé ?
À l'état civil Siro s'appelle Sylvain Decavailles Aba. Il y a très longtemps, quand il était élève à l'école primaire, il fut attiré par un groupe de tantinets qui faisaient du tam-tam devant un vidéo-club. Yodé arriva en même temps que lui à cet endroit, et tous deux, demandèrent l'autorisation aux autres gosses de jouer avec eux. Siro lui, voulait chanter, tandis que Yodé réclamait le tam-tam. Voici comment les deux zougloumans se sont rencontrés pour la première fois. Des jours après, ils se retrouvèrent à nouveau devant le vidéoclub pour chanter à la percussion. De là leur vint l'idée de de se mettre ensemble. À la base donc, c'est toujours Siro qui a été chanteur tandis que Yodé assurait la doublure, en battant aussi le tam-tam. Plus tard ils se confièrent à Julien Goualo, un aîné expérimenté du quartier afin que ce dernier les aide à se perfectionner. Et c'est ce Julien Goualo qui leur présenta Pat Sako, Valéry et bien d'autres petits artistes doués avec qui ils formèrent le groupe SUPER-CHOC* dans lequel figurait aussi Fifi. ( *Ce nom de baptême est venu sûrement de SUR-CHOC, le groupe zouglou référence de l'époque à qui ils voulaient ressembler. )
Espoir 2000, avant de faire son chemin, a formé donc, il y a longtemps, le même bloc que Yodé et Siro.
Pour la petite histoire, Yodé devint le chanteur principal de son duo avec Siro un jour que ce dernier avait mal à la dent alors qu'ils devaient prester à un évènement. Ne pouvant chanter, Siro lui demanda de faire le lead. Ainsi, Yodé s'illustra tellement de fort belle manière que son acolyte s'écria : « Mais tu chantes bien comme ça et puis je ne sais pas ? À partir d'aujourd'hui c'est toi qui sera devant ! » Voici comment Daly Djédjé alias Yodé devint le chanteur principal du groupe. Et Siro de dire ceci : « C'est comme ça qu'un groupe peut aller de l'avant. Ce n'est pas avec de l'orgueil, mais dans une reconnaissance des aptitudes de chacun qu'on met en amont. Yodé étant meilleur chanteur que moi, c'était normal que je lui laisse la place. »
Si le groupe est toujours d'actualité aujourd'hui longtemps après leur carrière entamée dans les années 90, c'est donc sûrement en raison de sa grande sagesse. Là où certains groupes se sont disloqués en cours de chemin, Yodé et Siro sont restés soudés, solidaires, comme deux bons mousquetaires. C'est même la mort qui les sépara de Fifi avec qui il formait un trio. Dans un groupe, le public a souvent tendance à minimiser ceux qui sont derrière le lead vocal, en oubliant qu'il y a certains qui peuvent être bon compositeur, bon choriste, quand d'autres peuvent être le ciment par lequel le groupe tient sa survie et sa cohésion. Personne n'est donc à négliger, nous ne savons ce qui se trame derrière les projecteurs.
Concernant les funérailles d'Arafat DJ pendant lesquelles il était à la trésorerie, Siro a affirmé qu'il n'y a pas une seule personne qui peut l'accuser de déloyauté. D'ailleurs, ils se connaissent dans le milieu, et on ne l'a pas sollicité à ce poste pour rien. Avec un tempérament serein, il nous a fait savoir que tout ce qui rentrait était sous la surveillance de la famille du défunt-artiste ainsi que sous le contrôle d'un juriste. Siro donne plus d'explication en ces mots : « Tout était clair pendant ces obsèques. C'est moi qui prenait l'argent des dons. Et il y avait trois cahiers pour noter les entrées et le nom des donateurs : un cahier pour la famille, un cahier pour les notaires et un troisième pour le comité d'organisation. Donc nous étions au diapason. Je peux vous rassurer donc que nous avons remis à chacun des destinataires, ce qui lui leur était dû. Et concernant les 150 millions dont on dit qu'on nous a donné pour l'organisation des funérailles au stade, il faut d'abord que les gens sachent que les 150 millions ne peuvent pas tenir l'évènement au stade. Je ne vais pas rentrer dans les détails. Ensuite ce n'est pas une somme qu'on nous a donnée en liquide, ni en espèce. Ce budget se trouvait au Ministère de la culture. Nous on se chargeait seulement de faire des factures pour les prestataires, lesquels partaient encaisser l'argent au Ministère, voilà. »
Siro révèle aussi que, le footballeur Gervinho, par son geste de 10 millions, fut l'élément cataliseur qui a permis à bon nombre de personnes de faire des dons, sinon avant lui ils ont fait une semaine chez Arafat sans recevoir 5 francs de quiconque.
Dadju, aux obsèques d'Arafat. Siro révèle aussi que le frère de Maitre Gims a remis un pecto de 2.000 dollars.
Quand l'animatrice lui demande si le chanteur Sidiki Diabaté a mis la main à la poche, Siro s'exclame : « Celui qui dit que Sidiki Diabaté a donné 5 francs c'est un menteur. » Néanmoins, le zouglouman ajoute que ce n'est pas une raison pour laquelle la star malienne ne puisse pas faire quelque chose plus tard pour la famille d'Arafat, car chacun, dit-il, a sa manière de procéder, selon son comportement et son entendement. Pour étayer son propos, Siro relate ceci : « Drogba Didier par exemple, n'a pas fait de don pendant les funérailles, mais il était là. C'est longtemps après les funérailles qu'il m'appelle pour me faire un geste. Alors il y a des gens comme ça, qui peuvent ne pas agir sur le feu de l'action, mais plus tard, parce que c'est leur nature. »
Tout comme Drogba Didier s'est signalé tardivement, Sidiki Diabaté n'a peut-être pas dit son dernier mot, et pourrait lui aussi offrir un de ces quatre, le pecto à la famille du Daishi et notamment à maman Tina.